En cette période de chandeleur et autre mardi gras (c’est mardi prochain, le 13 février), j’ai pensé qu’il était temps de nous pencher sur le Carnaval à Rome. Car oui, bien que malheureusement oublié de nos jours, à Rome aussi on le fêtait en grande pompe…

Cette année, les festivités commencent le jeudi gras, 8 février, jusqu’au 13 février, jour de mardi gras, donc. La grandiose histoire du Carnaval de Rome faisait son petit effet et prenait place sur Via del Corso, durait à l’époque 8 jours, jusqu’au XIXème siècle. Pour le rappel, Via del Corso est l’une des artères du centre historique et l’une des plus fréquentées. Elle relie Piazza Venezia et Piazza del Popolo en une seule ligne droite. Mais nous y reviendrons, dans un prochain article.

Bref, ce fameux carnaval remonte à la Roma Antique, qui était déjà à l’époque un événement populaire ce qui lui vaut le rang d’un des plus anciens carnavals et plus célèbres du monde. Les célébrations les plus fameuses prenaient place donc à Via del Corso (Via Lata à l’époque). S’y déroulaient des défilés de déguisements et masques typiques, batailles de dragées (confetti en italien), et surtout la grandiose course de chevaux libres. Tous se donnaient rendez-vous sur Via del Corso pour cet événement où, selon les écrits retrouvés, à 14 heures tous les jours un coup de canon annonçait le début des festivités. La population s’amassait seulement Via del Corso pour les festivités et se battait joyeusement en se jetant des dragées. Ensuite, il y avait la bataille des bougies qui consistait à tout faire pour garder sa bougie allumée pendant que l’on essayait d’éteindre celle des autres. Tout est bon pour essayer de l’éteindre et aucune règle n’est évidemment donnée (des règles à Rome qui en a vu…) les Romains courent dans les rues, escaladent les balcons… et lorsque la flamme est éteinte, il était coutume de crier « Senza moccolo! ».

Quant à la célèbre course de chevaux finale, en italien Corsa dei Cavalli Bàrberi, elle consistait à lâcher les chevaux libres, sans jockey. La course de magnifiques étalons berbères, venant du Maroc, Algérie, Tunisie et Libye se déroulait donc toujours Via del Corso et finissait Piazza San Marco, actuelle Piazza Venezia, tout ça dans la liesse générale. Les chevaux assez nerveux, étaient regroupés sous l’obélisque de Piazza del Popolo et lancés après un coup de feu le long de la Via. Bon, pour la protection et le bien-être des animaux on peut repasser car ils arrivaient à la fin de la course relativement effrayés et ébranlés a cause du grand bordel des Romains pendant tout le parcours, mais pour l’époque cela donnait un spectacle très fort et les écrits sur cette course rappellent un moment très spectaculaire et des émotions très fortes pour la foule… bah oui manquer de se faire écraser par un étalon arabe en panique c’est sûr…

Les célébrations furent transférées par le Pape Paolo II en 1464 Via del Corso car à cette époque, le Carnaval de Rome était particulièrement prestigieux et célèbre. Malheureusement, au XIXème, il s’éteint peu à peu après l’unité d’Italie et Vittorio Emmanuele II, lui-même, décréta en 1874 l’arrêt des festivités après qu’un jeune qui assistait à la course fut tué par accident lors de la course de chevaux. Depuis, c’est bien dommage mais les Romains ont oublié et c’est depuis quelques années seulement que le carnaval a été réintroduit à Rome, beaucoup plus calme par contre. Les dates sont les mêmes que le carnaval de Venise et l’année dernière par exemple, un grand défilé déguisé a été organisé Via del Corso, avec chevaux, costumes d’époque et lancés de confettis, pas les bonbons pour le coup, mais de vrais confettis en papier colorés comme il est d’usage de nos jours d’en lancer dans toutes les rues italiennes en cette période.

Cette année encore plusieurs événements sont organisés et les amateurs de déguisements pourront s’en donner à cœur joie… Bon ok on est loin du prestige de son cousin de Venise mais bon… un jour peut être on verra les chevaux courir sur Via del Corso.

À part les événements populaires, le carnaval à son côté gourmand aussi et, comme à chaque fête en Italie, on prépare quelques dolcifrappe et castagnoleLe premier est une pâte fritte ou au four très faciles à préparer avec des ingrédients simples, ajoutés à une liqueur du style Sambuca ou Marsala. Quant au deuxième, ce sont des petites boules levées, frittes et roulées dans le sucre. Les frappe selon la zone s’appellent aussi chiacchiere (bavardages) ou bugie (mensonges)

En attendant je mange mes crêpes de la Chandeleur, bah quoi… je ne suis pas bretonne pour rien !

Baci e Abbracci

Théodore_Géricault_-_Riderless_Racers_at_Rome

* Mes sources : Wikipédia, corsa dei barberi ; Wikipédia, carnaval de Rome ; Wikipédia, carnevale di RomaLazio Gourmand ; Roma Today
** Les images : Wikimédia et Wikipédia 

Publicités