La vie d’expatrié : ce choix que certains d’entre nous font pour quelques mois, années ou pour toute la vie. Pour les études, le travail, suivre la personne qu’on aime, ou tout simplement l’envie d’ailleurs, de nouvelles aventures et expériences

(comme dans mon cas). Chacun a sa raison propre. Ce choix n’est malheureusement pas forcément compris par les nôtres, ou même par les gens croisés au cours de notre voyage, car différent des « standards »et autres chemins soi-disant à suivre (non le choix études-CDI-achat de maison-mariage-enfants n’est pas la priorité de tous à la vingtaine), ou bien que le pays que l’on a choisi n’est pas assez bien pas rapport à celui d’où l’on vient, qu’il ne nous apportera rien, soidisant. Encouragé ou non, ce choix est le nôtre, cette expérience est ce que nous voulons pour nous-même, et… noooon rien de rien, noooon je ne regrette rien… (comme disait Edith Piaf).

Le principal c’est d’être bien où l’on est, qu’importe l’endroit.

Etre expatrié (expat’ pour les intimes), la vie que j’ai choisie depuis 4 ans maintenant, est tellement pleine de tout ! Comment vous dire exactement ? Le mot ne me vient pas en fait…Ce sont les galères administratives, de logement ou de travail, la solitude aussi des fois (surtout au début) et j’en passe ! Mais aussi toutes ces choses que l’on aurait jamais vécues à la maison. Une vie pleine de rencontres et de moments qui bouleversent notre vie, de choses que nous n’aurions jamais pu (osées) faire chez nous.

Etre expat’, c’est un peu (beaucoup même des fois) la peur de tout quitter, oui c’est effrayant de partir et de tout recommencer dans un pays où la langue maternelle n’est pas la nôtre et où la culture est différente, tout le monde ne peut pas le faire et cela demande à être prêt et être capable de se faire violence pour quitter notre petit cocon douillet. On peut se décider en 1 semaine, ou 1 jour, après avoir hésité de longs mois/années et se dire « Ok, c’est maintenant. Mes billets, mon sac et bonjour beau pays inconnu ! ». L’important c’est de se lancer, car cette peur se transforme vite en une sorte d’adrénaline, d’excitation, soif de découvrir qui nous permet de sortir des sentiers battus, profiter de chaque minute, de s’émerveiller, de s’ouvrir à ce nouveau monde tout simplement et de se rendre compte qu’au final les choses qui nous paraissent graves sont au contraire futiles et vice-versa. On apprend à dédramatiser, à positiver et voir les choses d’un œil différent.
Oui des fois c’est dur, même en restant en Europe, comme moi, on sera toujours traité différemment parfois, cette différence a ses bons et ses mauvais côtés, par exemple pour faire des rencontres ce statut est magique (lorsqu’en soirée un italien me demande, mais d’où tu viens? et que je réponds la France je peux apercevoir cette étincelle dans ses yeux, comme si je lui avais dit que j’étais Beyoncé, Charlize Theron ou Penélope Cruz, j’exagère à peine !), notre accent reconnaissable et les gens sont toujours curieux de savoir pourquoi on est là, que fait-on ici, etc… Pour chercher du travail, il faut se faire valoir, le plus facile est de se tourner vers les entreprises qui cherchent des langues maternelles autre que celle du pays, ou être qualifié dans un métier bien spécifique et parler parfaitement la langue du pays. Cela peut être simple comme compliqué, il faut toujours compter sur la chance et les bonnes relations. Les réseaux, c’est ça qui marche.

Etre expat’, c’est rencontrer sa nouvelle « famille », sans oublier la vraie évidement, au contraire ! Cette nouvelle famille, différente des liens du sang, est composée de toutes les personnes qui ont croisé notre chemin, qui sont peut-être déjà reparti, mais qui vous ont aidé d’une façon ou d’une autre à évoluer dans cet environnement inconnu, à grandir et à comprendre. Eux qui ont été là physiquement et mentalement dans les moments les plus dur comme les plus heureux. Qui vous ont serrés dans leur bras, qui vous ont fait rire ou pleuré, qui vous ont accompagnés, qui vous on fait découvrir pas seulement le pays ou leur culture mais aussi beaucoup sur vous-même.

Etre expat’, c’est aussi perdre des gens de vue, et l’accepter, car au final seuls les vrais amis restent et vous attendent pour vous voir le peu que vous rentrez. Savoir qui sont les personnes pour qui l’on compte vraiment ceux qui pensent à nous, et sur qui nous pourrons toujours compter même si pendant 6 mois vous ne vous donnez pas signe de vie, mais qui prendra toujours 30 secondes pour répondre à un simple message ou prendre de vos nouvelles. Etre loin ne veut pas dire que l’on n’existe plus et que l’on ne s’intéresse plus à ce qui se passe dans notre ville natale, au contraire, des informations banales pour ceux qui restent deviennent importantes pour nous car cela nous rattache à notre terre, à nos racines. Oui, même les choses les moins « agréables » à entendre concernant d’anciens amis, collègues, amours etc… car cela fait partie de la vie. Nous avons chacun nos priorités, mais lorsque nous nous expatrions, quelles qu’en soient les raisons qui nous ont poussés à partir, un bout de nous même sera toujours là et nous avons besoin de maintenir le lien aussi fin qu’il puisse être, car nous n’oublions pas d’où nous venons.

Etre expat’, c’est ouvrir les yeux, se tromper et recommencer, réaliser ses rêves, changer, grandir, évoluer, se remettre en question un million de fois, découvrir à quel point on est assez fort pour arriver à ce que l’on veut vraiment, se connaître soi-même, s’accepter tel que l’on est et accepter les autres aussi.

C’est faire de chaque changement une opportunité.

Baci e Abbracci

(Photo : FlikR)

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