Et bien oui, un article pour parler de tout ça il en fallait bien un ! Almeno !

Car aujourd’hui, 17 août 2015 (oui ben j’ai mis un peu de temps à finir ce joli bout de papier/écran). J’ai eu le papier timbré, tamponné, signé qui officialise la RÉSIDENCE ITALIENNE !!!! Saint Graal, plus rare qu’une carte American Express Centurion. Car pour un étranger même citoyen Européen il est très compliqué de l’obtenir… Je ne vous explique pas pour les extracommunautaires car je n’en sais absolument rien et que je préfère ne pas le savoir. Oui bon c’est faire l’autruche, c’est pas joli joli, mais à un moment on arrête carrément de poser des questions pour ne plus se perdre dans le long couloir de la bureaucratie.

Bref ! Mais ce n’est pas parce que les autorisations sont difficiles à obtenir ! Non Monsieur/Madame, mais bien parce qu’il manque cruellement d’informations, et de vraies informations surtout. Donc ça par dans tout les sens, et les gens ont vite fait d’abandonner en cour de route. Le site internet de la Comune, (je tiens à préciser que j’ai gardé le mot Italien et de ce fait Comune ne prend qu’un M) est un vrai labyrinthe entre autres… Personne ne dit la même chose et on a vite fait de s’emmêler les pinceaux et les neurones…

Il y a déjà 10 mois, j’ai voulu demander ma résidence, car ayant eu besoin d’un médecin j’ai appris « Oh joie » que pour bénéficier de soins, même en possession d’une carte de Sécurité Sociale Européenne qui ne les intéresse absolument pas, la résidence devait avant tout être faite (j’ai eu le temps de rentrer dans ma Douce France pour me soigner). Alors prise de renseignement, documentation. En premier lieu, il faut soit être sans travail mais avoir une certaine somme sur son compte bancaire et pouvoir le justifier OU travailler et pouvoir justifier avec un contrat de travail. Et avoir un contrat de location dans l’appartement où l’on habite (difficile ici, mais finalement après quelques angoisses j’ai trouvé l’appartement de mes rêves avec une propriétaire relativement morale sur les lois). Je ne critique pas cela, même si c’est assez pénible, à la fin c’est tout à fait normal dans tous les pays c’est à peu près le même principe. Donc étant donné que le compte en banque n’était pas assez plein, j’ai attendu désespérément de trouver un travail et un logement car ils sont arrivés en même temps. Le travail enfin trouvé, le jour où mon contrat devait être fait, la question fatidique arrive: Adresse de résidence italienne? Je ne l’ai pas encore, étant donné que j’ai besoin de ce %&£§@ * (petite étoile à la fin pour une explication efficace) de contrat pour la résidence, dis-je calmement et naïvement. Réponse de la responsable: ah, et bien je ne peux pas te faire de contrat sans résidence….

WHAAAATTT????

« Calma e sangue freddo, è solo l’inizio » (calme et sang froid, c’est seulement le début) dit la petite voix diabolique qui se promène autour de moi…. Les chats se mordent la queue tellement fort dans ce pays, que je me demande encore comment ils font pour marcher droit… bref c’était la question stupide du jour. Passons !

Alors oui, selon le type de contrat (15 millions de contrats différents) et la politique d’entreprise, on ne peut pas obtenir de vrai contrat de travail si on n’a pas de résidence, et pas de bol je suis tombée dessus. Et va expliquer à Madame qui fait la résidence ! Elle, elle s’en fiche royalement, tant que l’on n’a pas de justificatif on peut se la fourrer dans l’œil cette jolie feuille timbrée, tamponnée et signée ! Après bon comme il y a toujours moyen de négocier, j’ai su après, (par le responsable de la compta de ladite entreprise) que si j’avais juste fermé ma petite bouche, et que j’avais donné gentiment l’adresse où je vivais à ce moment-là, ils ne m’auraient pas posé plus de questions et m’auraient fait signer le contrat… Ah et bien il fallait le savoir, que mentir à son manager sur ce genre de chose était autorisé!

Alors, il m’a fallu attendre, encore et encore, de trouver un autre travail. Et enfin ce jour est arrivé, pouf le contrat est arrivé dans mes mains j’ai eu envie de l’embrasser (mais j’ai évité, pour ne pas mettre mal à l’aise mes nouvelles collègues de travail, parce que aussi étonnant que cela puisse être, c’est un peu étrange de voir une personne que l’on connaît à peine embrasser une feuille de papier…)

Donc enfin, j’ai pu aller à la Comune (re)demander, tous les documents nécessaires, poser les bonnes questions et tutto quanto (non petit français on ne dit pas tutti quanti car c’est au pluriel et là j’utilise du singulier !!). Et je suis repartie avec une liste monstre, et plein de feuilles à remplir.

Recette pour une résidence parfaite (ambiance) :

  • Sa plus belle plume et sa plus belle écriture (Non en fait un Bic et une écriture de docteur font l’affaire, ‘fin fait un effort quand même sur l’écriture)
  • Une carte d’identité du pays d’origine
  • Un « codice fiscale » (équivalent du numéro de sécurité sociale, facile à avoir mais 3h d’attente dans des bureaux non climatisés pour bien souffrir encore plus)
  • Un joli contrat de travail et une fiche de paye
  • Un autre joli contrat, mais cette fois-ci de location pour prouver que l’on habite bien dans une maison et non sous un pont (quand même)
  • 2 timbres de 16€ chacun, et 1 timbre de 0.52€
  • Des photocopies des cartes d’identité, et signature des colocataires (je ne connais toujours pas la raison exacte, malgré un très grand argumentaire avec la personne en face de moi, je pense que lui non plus ne le sait pas, mais c’est nécessaire)
  • De la patience
  • Beaucoup de patience

Et puis c’est parti, on remplit les papiers, pas difficile en soi. Et hop, retour à la Comune ! Et la file d’attente interminable, même si je me suis levée exprès aux aurores, j’attend en tapotant du pied, avec mon numéro et les yeux désespérés rivés sur l’écran qui indique le numéro gagnant. Arrivé mon tour, vérification de tout,  signature de documents.

-Ah mademoiselle il manque cela mais vous avez le temps de le faire (petit sourire en coin que je n’avais pas saisi sur le coup…). Alors, voilà l’attestation de votre demande de résidence, quand vous repassez récupérer l’attestation de résidence vous devrez la présenter. Maintenant vous devez attendre que les Vigili viennent chez vous vérifier et attester que vous vivez bien à cette adresse.

-D’accord, mais je travaille pendant la journée alors puis-je donner une plage horaire à laquelle ils peuvent passer et pouvoir me voir?

-Non ils viennent quand ils veulent, il faudra être présente, ils ont 45 jours pour venir.

Mais… 45 jours de blague ! Evidemment qu’ils sont venu pendant les horaires de bureau ! Au bout d’un moment, on s’interroge forcément, alors je contacte de nouveau la Comune, pour qu’ils m’annoncent que oui ils sont passés à telle date, mais ne m’ayant pas trouvé, ils sont repartis en cochant la petite (méchante) case refusé. Ah… Et bien retour à la case, presque, départ. Back to the Comune, de nouveau à attendre mon tour armée de mon petit numéro… Puis, enfin mon tour, je râle, je me plains, comme quoi cela est inadmissible, (oui, I-NAD-MI-SSI-BLE) que des amis français ont pu prendre carrément rendez-vous, ou au moins pouvoir les contacter ces Vigili ou se faire contacter par eux. Mais non dans ce bureau de &%£$§ * cela n’est pas possible, personne ne le fait vous devez vous tromper mademoiselle. Bon. Alors, puisque l’économie de papier n’est pas leur fort, j’écris un joli texte et re-signe sur un document attestant que travaillant de telle heure à telle heure, je ne peux recevoir les Vigili que tôt le matin ou heure du dîner (souper pour les suisses, rien à voir mais je cherchais une opportunité pour le dire). Ceci étant fait je repars et attend de nouveau.

4 semaines plus tard pas de nouvelles… Je recontacte donc craintivement les services concernés, et oh surprise !! Les Vigili ont attesté ma présence à cette adresse – sans ma présence donc… Bonne nouvelle toutefois, le mail m’indiquant que l’on travaille sur mon dossier et que, quand les papiers seront faits, Madame Quelquechose prendra contact avec moi elle même. Parfait me dis-je !

1 mois plus tard…pas de nouvelle… (quelle surprise me diras-tu) Alors, et bien pour ne pas changer les bonnes habitudes, j’écris un 1000ème email. Réponse assez rapide, de la même personne m’indiquant que Madame Quelquechose a cherché à me joindre sans succès. Mais que tout est prêt et me demande donc de venir à la Comune chercher ma certification avec mes timbres hors de prix et ma carte d’identité… ALORS, parenthèse sur le fait que malgré la vérification de mes spams et de mes appels manqués: JE NE ME RAPELLE PAS AVOIR RECU UN APPEL OU MESSAGE DE MADAME QUELQUECHOSE !!! £$%ù@1&! * Dans ce pays, on ne connaît pas non plus le message vocal quand la personne est injoignable (dans le cas où ladite personne m’aurait appelé).

Bref après toutes ces péripéties, cette attente, ce stress (oui c’est stressant), j’ai en ce moment entre mes mains (oui ‘fin c’est une métaphore, car je ne peux pas écrire et tenir un papier en même temps ce n’est pas possible à moins de s’appeler Shiva, et ce n’est pas mon cas) l’Attestation de Résidence dite le Saint Graal.

Voilà, alors pour ceux/celles que ça intéresse, maintenant tu sais à quoi t’attendre, je n’ai plus qu’à te souhaiter vivement bon courage, en espérant que tu seras plus chanceux/se que moi !

Un conseil : PATIENCE et SANG FROID (au risque de me répéter)

Alors sur ce fin mot, je te laisse rassembler tout tes documents et moi je file dans d’autres bureaux pour le Step 2 : La demande de « Tessera Sanitaria » et le médecin traitant. To be continued…

Baci e Abbracci

*C’est des gros mots, mais comme mes parents m’ont bien éduquée et que j’ai lu beaucoup de bandes dessinées étant petite, je préfère les écrire en symbole bizarre parce que esthétiquement c’est plus jooouuuulliiiii, et puis les gros mots c’est pas poli!

(Source)

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